EN

Rooted in the use of paper and cardboard, my artistic practice articulates itself through different techniques such as charcoal, graphite powder and pigments on the one hand, spray paint and textured matters on the other.

The porosity between different experiments is a key element of my work.With various processes, I explore the possibility of creating through the partial use of deletion. Influenced by the way mineral surfaces are eroded through time, or by how light structures a specific space, I intend to render the experience of an esthetic shift.

Although I am drawn to concrete methods, my research is sub-structured by the photographic image, as well as engraving and other printing techniques, as Alicia Knock, curator at Centre Pompidou, wrote in 2016 about my «Untitled (sidewalk)» series :

« He picks up black prints, rubbed and scratched, like many pieces of permanent and intermittent recollection. The mark itself and its negative are mirrored in this display that is almost photographic, and offered to the viewer’s eye.»

Shaping prints and traces, I aim to translate an unsettled reality. Forms arise by adding and suppressing the substance that is being used. The material is afflicted and often mangled, before being dislocated, then, at last, fragments are assembled and composed in order to condense a certain amount of ten- sions. My research, by exploring contrary currents, focuses on ambiguity and ambivalence, as Odile Burluraux, curator at Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris noted in 2013 about my «Untitled (lumi/parcelle)» series :

«He invests drawing through a research on light as a reserve, which tends towards a haziness, an ambiguity between apparition and disappearance in a movement towards abstraction. Through lines of fracture, of contact or of deletion processed with charcoal powder, he advocates for sight.»

FR

Ancrée dans le travail graphique et pictural sur papier et sur carton, ma pratique s’articule en différents pôles : techniques sèches du fusain, poudre graphite et pigments pour une part, travail pictural à l’aérosol et agrégats de matières texturées également.

La porosité entre les différentes expérimentations y est centrale, il s’agit d’explorer, à travers différents processus, la possibilité de faire œuvre par un travail de dégradation. Nourri par les surfaces minérales érodées, autant que par la façon dont une lumière structure un espace, je m’attache à restituer des bribes d’un temps chargé, d’une expérience qui pourrait être le fait esthétique même.

Les différents pans sont constitués de séries Sans-titre, qui comportent chacunes des sous-titres comme (consumés), (composites), (lumi/parcelles) ou (réflexions). Les procédés sont concrets, les soubassements de gravures ou de l’image photographique y sont des racines, comme le notait Alicia Knock, conservatrice au Centre Pompidou, en 2016, à propos de la série Sans-titre (sidewalk) :

«Il relève des empreintes de noirs, frottées, grattées, comme autant de morceaux permanents et intermit- tents de mémoire. Le négatif et le positif de l’empreinte se regardent dans un dispositif presque photo- graphique, offert à l’expérience du visiteur.»1

Façonnant empreintes et traces, je m’emploie à transcrire un mouvant hétérogène, la tempora- lité, entre élaboration lente et jaillissement, est celle de l’errance. L’errance, dont la racine renvoie à l’erreur, celle «du désir, de la recherche»2 selon les mots d’Hélène Cixous dans un essai sur le «repentir» en dessin.

Ajout et soustraction de matière est le procédé par lequel les formes émergent. Le support y est éprouvé, souvent malmené, puis démembré, ensuite réévalué, c’est en n la composition par assemblage qui met en tension les matières et fragments. Une recherche sur l’ambivalence et l’équivoque, qui explore des mouvements contradictoires, comme l’évoquait Odile Burluraux, commissaire d’exposition au MAMVP, en 2013, au sujet de la série Sans-titre (lumi/parcelle) :

«Il investit le dessin à travers une recherche sur la lumière, comme en réserve qui tend progressivement au ou, à l’ambigu, entre apparition et disparition dans un mouvement vers l’abstrait. Lignes de fracture, ligne de contact ou de disparitions, il manifeste alors une quête du regard.»3

1. Catalogue de l’exposition Répons, Paris, 2016
2. Repentirs , Louvre, réunion des musées nationaux, Paris , 1991 3. Catalogue de l’exposition Mitoyens, Paris, 2013
3. Catalogue de l’exposition Mitoyens, Paris, 2013